Une lueur d’espoir pour les âmes blessées

Sous le ciel de Yaoundé ce 4 juin 2026, là où le passé et l’avenir se serrent la main, une rencontre chargée d’émotion s’est déroulée. Dans le cadre d’un partenariat noué avec une rare humanité, l’Office National des Anciens Combattants, Anciens Militaires et Victimes de Guerre du Cameroun (ONACAM) et l’ONG internationale INMISUISSE ont uni leurs destins pour offrir un sanctuaire à ceux qui ont tout donné.

le coordinateur de l’ONG, M. Romuald Djomo, a ouvert les portes du futur Centre de Référence en Santé Mentale de Nkozoa, dans l’arrondissement de Yaoundé 1. Ce n’était pas une simple visite de chantier. C’était un pèlerinage vers la guérison, un acte de reconnaissance profonde envers ces hommes et ces femmes qui portent encore, dans leur chair et dans leur esprit, les cicatrices invisibles du combat.

Conduit par le Colonel à la retraite Alfred Fuller, Directeur Général de l’ONACAM, une délégation solennelle a foulé le sol de ce qui deviendra bientôt un havre de paix. Accompagné du Directeur Général Adjoint, de l’Agent Comptable et du Chef de Service de l’Action Sociale, le colonel Fuller a parcouru avec attention chaque recoin de cette infrastructure pensée avec le cœur : salles de consultation, unités d’hospitalisation , laboratoire à la pointe, espaces de rééducation où les corps et les âmes se reconstruiront, et ces zones de détente et de restauration où, enfin, le souffle pourra se poser.

M. Romuald Djomo, avec une ferveur palpable, a dévoilé l’ambition de ce projet porté par des spécialistes de renom, dont le Docteur Laure Menguene, ancienne directrice du Bureau de Santé Mentale du ministère de la Santé Publique. Des voix expertes et bienveillantes qui ont décidé de mettre leur savoir au service de ceux qui ont défendu la nation.

Puis, dans un silence recueilli, le Colonel Fuller a pris la parole. Sa voix, chargée d’expérience et d’émotion, a résonné comme un serment :

« Nous sommes venus, comme vous le savez, pour découvrir la structure et voir dans quelle mesure nous allons nous impliquer, dans le cadre d’un partenariat gagnant-gagnant, au profit de nos anciens combattants. Nous avons suivi avec intérêt la démarche qui a été entreprise, et nous pensons que c’est une question de volonté. Et quand on veut, on peut. Nous pensons que le projet que nous avons initié est un projet majeur, qui nous permettra d’en profiter. »

Ces mots, simples et puissants, ont fait vibrer les coeurs. Ils disent la reconnaissance. Ils disent l’espoir. Ils disent surtout que les héros d’hier ne seront pas abandonnés à leurs souvenirs douloureux.

Dans une atmosphère de confiance et de fraternité sincère, les deux parties ont scellé bien plus qu’un accord : une promesse. La promesse que la souffrance psychique ne sera plus une fatalité pour ceux qui ont servi. Que la dignité se reconstruit, que la lumière peut revenir même après les ténèbres les plus longues.

Cette visite s’inscrit dans la belle mue de l’ONACAM, une institution qui choisit l’ouverture, la modernisation et l’audace. En tissant des partenariats porteurs de sens, elle écrit une nouvelle page de son histoire : celle où le devoir de mémoire se transforme en devoir de soin, où la nation regarde enfin, avec tendresse et respect, ceux qui l’ont protégée.

À Nkozoa, un centre n’est pas seulement en train de naître. C’est une oasis de résilience qui se prépare. Un lieu où les blessures invisibles trouveront enfin des mains tendres pour les panser, et où l’espoir, doucement, reprendra ses droits.

Pour nos anciens combattants, pour leurs familles, pour le Cameroun tout entier : une page d’humanité vient de s’ouvrir.

par Flaubert TCHOUPA