Dans un Cameroun où les tensions politiques et les scandales judiciaires s’enchaînent, le nom d’Oswald Baboke, directeur adjoint du cabinet civil de la présidence, s’est imposé comme un symbole des luttes de pouvoir en coulisses. Depuis la fin du mois de juin 2026, cet homme discret, proche de la première dame Chantal Biya, est au centre de deux enquêtes distinctes : l’une liée à un faux décret présidentiel déposé à la CRTV, l’autre concernant des tonnes d’or disparues des registres officiels. Trois convocations en six jours par le Tribunal criminel spécial (TCS), une institution camerounaise chargée des affaires de détournement de fonds publics, ont suffi à enflammer les réseaux sociaux et à transformer une affaire judiciaire en un lynchage médiatique.
Oswald Baboke aurait été entendu le 26 juin, puis de nouveau convoqué le 30 juin et le 1er juillet. Un rythme inhabituel pour un haut fonctionnaire, même dans un pays où les scandales politiques sont monnaie courante. Les deux dossiers qui le viseraient ne sont pas anodins :
- Le faux décret : Un document frauduleux, prétendument signé par le président Paul Biya, aurait été déposé à la CRTV pour influencer l’opinion publique. Une affaire qui rappelle les coups d’État institutionnels et les tentatives de déstabilisation politique.
- Le trafic d’or : Des tonnes d’or camerounais auraient disparu des registres officiels, avec des ramifications possibles à Dubaï. Une enquête qui touche aux ressources stratégiques du cameroun et à la corruption endémique.
Mais derrière ces accusations se cache une réalité plus trouble : celle d’un bouc émissaire désigné pour détourner l’attention des vrais problèmes du Cameroun.
Dans un rebondissement aussi spectaculaire qu’inattendu, plusieurs médias ont fait marche arrière. Après une « autopsie d’un lynchage médiatique », ’aucune source officielle ne confirme les allégations contre Baboke. Pire : une source proche du haut fonctionnaire affirme qu’il « n’a jamais été convoqué, ni entendu par le TCS dans les affaires évoquées ». Et les dates d’audition avancées par Jeune Afrique ? Seraient-elles des « erreurs de vérification »?
« Un journal panafricain lâche une accusation. Aucune institution ne confirme. Une source directe dément. Et entre les deux, un homme a vu son nom traîné dans la boue devant plus de 30 millions de Camerounais. »
Cette volte-face soulève une préoccupation intéressante : qui tire les ficelles de cette campagne de désinformation ?Oswald Baboke serait-il prophète de sa propre chute ?
Ironie du sort, Oswald Baboke lui-même avait prédit cette situation en 2021. Dans un texte visionnaire, il décrivait les mécanismes de la diffamation automatisée lorsqu’il affirmait précisément que : des « pseudos lanceurs d’alertes payés pour salir les adversaires », des « documents balancés dans de fausses boîtes mail », des « virements qui transitent sur trois adresses ». Aujourd’hui, le scénario semble se répéter, avec des accusations en rafale : faux décret, or, pétrole, maisons à Dubaï… À chaque fois, aucune preuve tangible, mais une réputation détruite.
Son épouse, Crescence Baboke, a dû sortir les « versets bibliques » pour se défendre, tandis que sa fille, Indira, a été interpellée à Dubaï dans des circonstances troubles. Une famille entière sacrifiée sur l’autel d’une guerre politique.
Cette affaire met à jour un problème plus large au Cameroun : l’instrumentalisation de la justice et des médias pour servir des intérêts politiques. Comme le note Jeune Afrique, les convocations d’Oswald Baboke s’inscrivent dans un contexte de répression accrue contre les opposants et les figures proches du pouvoir. Le TCS, créé pour lutter contre la corruption, est devenu un outil de chasse aux sorcières.
Dans un pays où l’impunité est la règle pour les puissants, cette affaire pose une préoccupation fondamentale : jusqu’où ira la manipulation avant que la vérité n’éclate ? Une fois la tempête passée, quel avenir pour Oswald Baboke au sein du sérail ?
Alors que les médias se rétractent et que les institutions gardent le silence, Oswald Baboke se retrouve dans une position intenable. Son nom, associé à des scandales qu’il nie farouchement, est désormais un hashtag sur les réseaux sociaux. Sa carrière politique, déjà fragile, pourrait bien s’effondrer sous le poids des fake news.
Mais au-delà de son cas personnel, cette affaire met à nue les fissures d’un système où la justice, les médias et le pouvoir s’entremêlent pour servir des intérêts obscurs. Le Cameroun a-t-il les moyens de sortir de cette spirale de la désinformation ? Une chose est sûre : la vérité, même tardive, finit toujours par éclater.
