Comment un dรฉpartement aussi stratรฉgique, intellectuellement dense et politiquement influent que la Mifi peut-il encore peiner ร construire une dynamique collective de dรฉveloppement durable, alors que ses รฉlites se livrent depuis plusieurs annรฉes ร des affrontements dโinfluence, des logiques de clans et des rivalitรฉs parfois destructrices ?
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Dans le dรฉpartement de la Mifi, rรฉgion de l’ouest cameroun, le dรฉbat politique semble avoir quittรฉ depuis longtemps le terrain des idรฉes pour celui des positionnements personnels. Derriรจre les discours de rassemblement, les fractures sont visibles : querelles dโego, compรฉtition dโinfluence, soupรงons de trahison et incapacitรฉ chronique ร bรขtir un front commun autour des vรฉritables urgences sociales.
Pour plusieurs observateurs, le problรจme nโest plus lโabsence de compรฉtences. La Mifi dรฉborde de cadres, dโuniversitaires, dโhommes dโaffaires et de figures politiques reconnues ร lโรฉchelle nationale. Le vรฉritable dรฉficit serait dรฉsormais celui du leadership collectif.
ยซ La Mifi possรจde des cerveaux capables de transformer le dรฉpartement, mais chacun veut รชtre le centre du systรจme. ยป
Pendant ce temps, les populations attendent toujours des rรฉponses concrรจtes : emploi des jeunes, urbanisation, sรฉcuritรฉ, infrastructures, salubritรฉ et attractivitรฉ รฉconomique.
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Le nom du professeur Pascal Nguihe Kante revient rรฉguliรจrement dans les dรฉbats locaux. Intellectuel respectรฉ pour certains, figure clivante pour dโautres, il symbolise ร lui seul les contradictions dโune รฉlite parfois accusรฉe dโalimenter les fractures quโelle prรฉtend dรฉnoncer.
La question mรฉrite dโรชtre posรฉe sans passion :
Un intellectuel engagรฉ doit-il devenir un facteur dโapaisement ou un acteur de confrontation politique permanente ?
Dans un dรฉpartement oรน la cohรฉsion sociale devient un enjeu majeur, plusieurs voix appellent dรฉsormais les leaders dโopinion ร sortir des logiques de camps pour privilรฉgier une culture de mรฉdiation et de responsabilitรฉ.
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Dans plusieurs dรฉpartements du Cameroun, des mรฉcanismes informels dโรฉvaluation des รฉlites locales รฉmergent progressivement. Les populations veulent dรฉsormais mesurer les rรฉsultats, lโimpact social et la proximitรฉ rรฉelle des responsables politiques avec le terrain.
La Mifi peut-elle continuer ร fonctionner sur les anciens schรฉmas de loyautรฉ politique sans exigence de bilan ?
ยซ Les populations ne veulent plus seulement des titres et des cรฉrรฉmonies. Elles veulent des rรฉsultats visibles. ยป
Le rรดle du Sรฉnateur Sylvestre Ngouchinghe est aujourdโhui observรฉ sous lโangle dโune possible transition vers une gouvernance davantage fondรฉe sur lโefficacitรฉ politique et le rassemblement territorial.
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En politique, les fidรฉlitรฉs sont rarement รฉternelles. Mais dans la Mifi, certains retournements dโalliances ont laissรฉ des traces profondes.
Les trajectoires de Fongang Joseph Confiance et Joseph Kankeu illustrent, pour certains analystes, les limites dโun systรจme oรน les ambitions individuelles prennent parfois le dessus sur les projets collectifs.
ยซ La trahison politique devient dangereuse lorsquโelle dรฉtruit la confiance populaire. ยป
Cette dรฉfiance progressive fragilise aujourdโhui le lien entre populations et responsables politiques.
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Dans les Grassfields, les Chefferies Supรฉrieures ont historiquement incarnรฉ lโautoritรฉ morale, la rรฉgulation sociale et lโunitรฉ communautaire. Leur parole influence encore fortement les dynamiques politiques et sociales locales.
Mais face aux tensions qui traversent aujourdโhui Bafoussam,, plusieurs interrogations รฉmergent :
Les Chefs Supรฉrieurs jouent-ils encore pleinement leur rรดle de mรฉdiateurs dans les crises politiques locales ?
Pour certains observateurs, certaines autoritรฉs traditionnelles ont parfois รฉtรฉ perรงues comme proches de camps politiques prรฉcis, au risque dโaffaiblir leur posture dโarbitre moral au-dessus des clivages.
Dโautres estiment au contraire que les Chefferies tentent difficilement de prรฉserver la stabilitรฉ dans un contexte oรน les rivalitรฉs entre รฉlites deviennent de plus en plus complexes.
ยซ Lorsque les รฉlites politiques se divisent, les populations attendent souvent des autoritรฉs traditionnelles quโelles rappellent lโessentiel : la paix et lโintรฉrรชt communautaire. ยป
La question centrale reste donc celle-ci :
Quโont concrรจtement apportรฉ les Chefferies Supรฉrieures dans cette guรฉguerre politique ?
Ont-elles favorisรฉ le dialogue ?
Ont-elles tentรฉ des mรฉdiations discrรจtes ?
Ont-elles gardรฉ une neutralitรฉ institutionnelle ?
Ou certaines prises de position ont-elles accentuรฉ les fractures existantes ?
Dans une rรฉgion oรน la tradition reste profondรฉment liรฉe ร la gouvernance locale, le silence ou lโengagement des Chefferies nโest jamais politiquement neutre.
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Face ร lโessoufflement des figures traditionnelles, une nouvelle gรฉnรฉration tente progressivement de sโimposer dans le dรฉbat public :
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Leur principal dรฉfi sera moins de dรฉnoncer lโancien systรจme que de proposer une mรฉthode nouvelle : proximitรฉ citoyenne, culture du rรฉsultat, gouvernance locale moderne et dรฉpassement des querelles de personnes.
Car la vraie question est dรฉsormais gรฉnรฉrationnelle :
La jeunesse politique de Bafoussam saura-t-elle construire ce que les anciennes รฉlites nโont jamais rรฉussi ร stabiliser : une vision commune du dรฉveloppement ?
Les รฉlites de la Mifi sont-elles encore capables de travailler ensemble malgrรฉ leurs divergences ?
Pourquoi les rivalitรฉs politiques locales prennent-elles souvent le dessus sur les prioritรฉs sociales ?
Les Chefferies Supรฉrieures doivent-elles rester neutres ou intervenir davantage dans les crises politiques locales ?
Le culte de la personnalitรฉ a-t-il remplacรฉ la culture du rรฉsultat ?
La nouvelle gรฉnรฉration politique peut-elle rรฉellement rompre avec les pratiques anciennes ?
Les populations doivent-elles continuer ร soutenir des logiques de division au dรฉtriment du dรฉveloppement collectif ?
Qui porte aujourdโhui un vรฉritable projet structurant pour lโavenir de la Mifi ?
La Mifi traverse peut-รชtre moins une crise politique quโune crise de vision collective.
Le territoire dispose des compรฉtences, des ressources humaines et de lโinfluence nรฉcessaires pour devenir un vรฉritable pรดle de dรฉveloppement rรฉgional.
Mais tant que les batailles dโego primeront sur lโintรฉrรชt gรฉnรฉral, le dรฉpartement continuera dโavancer en dessous de son potentiel rรฉel.
Et dans cette bataille silencieuse entre ambitions personnelles, influences traditionnelles et destin collectif, une question demeure :
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