Une épopée qui défie les pronostics
Le Stade Moulay El Hassan de Rabat était le théâtre d’un exploit qui restera gravé dans l’histoire du football féminin camerounais. Face à une équipe marocaine ultra-dominatrice, les Lionnes Indomptables ont écrit une page de légende en s’imposant aux tirs au but (3‑1) après un match nul et vierge à l’issue des prolongations. Une performance qui a fait tomber le pays hôte, pourtant favori, et leur offre une place en finale de la CAN Féminine 2026, prévue ce dimanche 16 août.
Cette qualification est d’autant plus remarquable qu’elle s’inscrit dans un parcours semé de défis. En effet, le Cameroun n’était même pas qualifié initialement. Battues par l’Algérie lors des éliminatoires (0‑2 à Alger, puis 1‑1 à Yaoundé), les Lionnes semblaient condamnées à rester sur le banc de touche. Pourtant, grâce à la décision de la CAF d’étendre le tournoi à 16 équipes en 2026, le Cameroun a été repêché sur la base du classement FIFA. Une seconde chance que l’équipe a saisie avec brio.
Au cœur de cette épopée se tient Michaely Bihina, la gardienne camerounaise de 23 ans évoluant au Benfica Lisbonne. Après avoir repoussé le penalty décisif de Fatima Tagnaout à deux minutes du terme des prolongations, elle a enchaîné trois arrêts décisifs lors de la séance de tirs au but, offrant au Cameroun un billet pour la finale. Quatre arrêts au total dans la soirée, dont trois dans l’exercice périlleux, ont fait d’elle l’unique joueuse élue Joueuse du match.
Son exploit a résonné comme une vengeance symbolique pour le football camerounais, après des finales perdues en 2004, 2014 et 2016 face au Nigeria, tenante du titre. Pour Bihina, ce match était aussi une réponse à ceux qui doutaient de son talent : « Je savais que nous pouvions gagner. Nous avons joué avec le cœur et la discipline », a-t-elle confié après le match.
Pour le Maroc, cette défaite est un cruel rappel des limites de son football féminin. Malgré une domination écrasante (plus de 60 % de possession), les Lionnes de l’Atlas n’ont jamais trouvé la faille dans la défense camerounaise. Pire encore, le scénario rappelle étrangement la finale masculine perdue un an plus tôt, également à domicile, sur un penalty manqué en toute fin de match. Une troisième finale consécutive leur échappait ainsi, les condamnant à disputer le match pour la troisième place contre l’Algérie.
Pourtant, ce revers ne doit pas occulter les progrès réalisés par le football féminin marocain, qui a su se structurer ces dernières années. Mais face à une équipe camerounaise aussi résiliente, les espoirs de titre se sont brisés net.
Le parcours des Lionnes Indomptables est celui d’une équipe qui a su transformer l’adversité en force. Après avoir été repêchées, elles ont enchaîné les victoires en phase de groupes contre le Mali (2‑1), le Ghana (1‑0) et le Cap-Vert, avant d’écarter le Nigeria – tenant du titre et vainqueur de dix des treize éditions de la CAN – en quart de finale (1‑0). Un exploit qui a marqué les esprits.
En finale, elles affronteront le Malawi, une équipe surprise qui a créé l’exploit en éliminant l’Algérie (3‑1) en demi-finale grâce aux sœurs Chawinga. Malgré leur modeste 153e rang au classement FIFA, les Malawites ont déjà marqué l’histoire en devenant la première équipe de leur pays à atteindre la phase finale d’une CAN féminine.
Pour les Lionnes Indomptables, cette finale représente bien plus qu’un match : c’est une opportunité de tourner définitivement la page des défaites passées et de soulever leur premier trophée continental. Face à un Malawi insouciant mais déterminé, le Cameroun part favori, porté par son mental d’acier et sa muraille Bihina. Dimanche 16 août à 21h (heure locale), le Stade Moulay El Hassan vibrera une nouvelle fois sous les couleurs des Lionnes, prêts à écrire une nouvelle page dorée du football féminin africain.
Qu’elles remportent le titre ou non, une chose est sûre : cette équipe a déjà conquis le cœur des supporters camerounais et africains. Leur parcours est une preuve que dans le football, comme dans la vie, les secondes chances peuvent mener aux plus grands exploits.
