Un contrat historique pour relancer la riziculture camerounaise

Le Cameroun vient de franchir une étape majeure dans sa stratégie de sécurité alimentaire et de développement agricole. Le ministre de l’Agriculture, Gabriel Mbairobe, a signé un contrat commercial avec Ekobell, une société israélienne spécialisée dans l’agriculture, pour la mise en place de trois agropoles dédiées à la production et à la transformation de riz pluvial. Ce projet ambitieux vise à produire 46 700 tonnes supplémentaires de riz paddy, soit une augmentation de 18 % de la production nationale de riz blanchi de qualité supérieure.

Un projet pharaonique pour les régions septentrionales

Le projet, d’un coût global de 150 millions d’euros, se concentrera sur 10 000 hectares de terres dans les régions du Nord et de l’Adamaoua. Les localités de Sirdjam et Pola (région du Nord) et Mbé (région de l’Adamaoua) vont ainsi devenir des pôles majeurs de production rizicole. Ce projet s’inscrit dans le cadre du programme de valorisation des ressources en eau à usage agropastoral et halieutique dans le grand Nord, financé par la Banque africaine de développement.

« Ce projet va générer près de 8 000 producteurs et plusieurs emplois indirects », a indiqué le ministre de l’Agriculture. Une aubaine pour les populations locales, qui pourront ainsi bénéficier de nouvelles opportunités économiques et sociales.

Le riz, une denrée stratégique pour l’Afrique

Le riz est bien plus qu’une simple denrée alimentaire en Afrique. Selon AfricaRice, le riz est la source d’énergie alimentaire prédominante en Afrique de l’Ouest et à Madagascar, et la seconde plus importante source de calories en Afrique. La demande de riz augmente de plus de 6 % par an, une croissance bien supérieure à celle de toute autre denrée de base en Afrique subsaharienne.

Le riz est également une culture politique majeure, capable d’impacter la stabilité politique, sociale ou économique des nations africaines. En effet, la production locale de riz ne couvre que 60 % de la demande en Afrique, donnant lieu à des importations de 14 à 15 millions de tonnes par an, soit un coût de plus de 6 milliards de dollars US. Une situation qui représente des pertes considérables en réserves de devises étrangères pour le continent.

Un secteur porteur d’emplois et de développement

Le secteur rizicole représente une voie de sortie de la pauvreté en Afrique. Cultivé dans près de 40 des 54 pays du continent, la riziculture est la principale activité et source de revenus de plus de 35 millions de petits riziculteurs en Afrique. De plus, le riz est principalement cultivé par les femmes dans les écologies pluviales en Afrique, offrant ainsi une opportunité majeure d’autonomisation des femmes.

Le projet camerounais s’inscrit dans cette dynamique. En plus de générer des emplois directs et indirects, il contribuera à réduire la dépendance du pays aux importations de riz, tout en renforçant la sécurité alimentaire des populations.

Un avenir prometteur pour le Cameroun

Avec ce projet, le Cameroun montre sa volonté de transformer son agriculture et de faire du riz un pilier de son développement économique et social. En investissant dans des infrastructures modernes et en s’appuyant sur des partenariats internationaux, le pays se donne les moyens de devenir autonome en riz et de réduire sa dépendance aux importations.

Ce projet est également une opportunité pour les jeunes et les femmes, qui pourront trouver dans la riziculture une source de revenus et d’emploi. En misant sur le riz, le Cameroun mise sur son avenir.

Comme le souligne AfricaRice, l’Afrique a les ressources humaines, physiques et économiques pour produire assez de riz de qualité de façon durable. Le Cameroun vient de faire un pas de géant dans cette direction.